
Mon agrément en poche, j’ai vite compris que j’allais avoir besoin d’un solide bagage complémentaire pour devenir l’assistante maternelle que je rêvais d’être. Sur Internet et dans les livres, j’ai donc picoré tout ce que je pouvais d’idées et de conseils. J’ai beaucoup testé et, l’expérience faisant, j’ai fini par confectionner l’accueil personnalisé que je pensais être le meilleur pour les enfants. J’ai même créé un blog pour partager mes réflexions avec les autres assistants maternels et défendre les spécificités de notre métier.
Mais, en 2014, l’obtention de ce titre est une révélation. La VAE agit comme une prise de recul formidable pour faire le point et le tri dans mes pratiques professionnelles. Pour moi qui ne suis jamais allée au-delà du BEPC, m’astreindre à suivre la méthodologie des livrets d’accompagnement est difficile. Mais je m’accroche. Plus j’avance et plus je suis motivée !
À mesure que j’analyse mes manières de travailler, des projets prennent forme : j’améliore la sécurité de mon environnement de travail, pour les enfants je crée des activités d’éveil en lien avec notre région, la Savoie. Je comprends aussi que je n’ai pas assez dissocié mes espaces de vie : le familial et le professionnel. J’entreprends donc de construire une salle de jeux de 25m². À vouloir reproduire les idées des autres, je m’étais sans doute un peu éparpillée ; grâce à cette VAE, je me réapproprie mon métier, la manière dont je souhaite travailler, tout en progressant dans mon attitude professionnelle.
Au moment de mettre un point final à l’écriture de mon livret d’accueil, j’ai ressenti comme un vide. Mais aussi la certitude que jusqu’au dernier jour, ma vie professionnelle allait être bien remplie. Et quel bonheur -et soulagement- de s’entendre dire par le jury, au bout de 14 ans d’activité : « vous êtes une bonne assistante maternelle ».